Qu'est-ce qu'une adresse IP et comment fonctionne-t-elle?
Découvrez ce qu'est une adresse IP, comment elle fonctionne, les différences entre IPv4 et IPv6, et comment trouver votre adresse IP publique.
Équipe Dig Trace· Équipe d'Ingénierie Réseau8 min de lecture
Une adresse IP est un identifiant numérique attribué à chaque appareil connecté à un réseau. Elle permet l'envoi et la réception de données en indiquant précisément d'où elles partent et où elles doivent arriver. Si vous vous êtes déjà demandé quelle est mon adresse IP, ce numéro est l'adresse publique que votre FAI attribue à votre connexion, celle que le reste d'Internet voit lorsque vous naviguez. Vous pouvez la connaître en un clic avec l'outil Mon IP de DigTrace.
Qu'est-ce qu'une adresse IP ?
Chaque appareil qui communique sur un réseau, qu'il s'agisse d'un ordinateur, d'un smartphone ou d'un capteur connecté, doit disposer d'une adresse IP. Cet identifiant fonctionne comme une plaque d'immatriculation numérique. Sans elle, les routeurs ne sauraient pas où acheminer les paquets de données.
On distingue principalement deux versions du protocole Internet. IPv4, en service depuis 1983, utilise des adresses codées sur 32 bits. Il offre environ 4,3 milliards d'adresses uniques, ce qui s'est révélé insuffisant face à la croissance des objets connectés. IPv6, standardisé en 1998, repose sur 128 bits et fournit un espace d'adressage quasi illimité, soit environ 340 sextillions d'adresses. Selon un comparatif Orange des protocoles IPv4 et IPv6, ce dernier intègre aussi des améliorations natives en matière de routage et de sécurité.
Comment fonctionne une adresse IP ?
Les données circulant sur Internet ne voyagent pas en un seul bloc. Elles sont découpées en petits paquets. Chaque paquet porte en son en-tête l'adresse IP de l'expéditeur et celle du destinataire. Les routeurs lisent ces informations et décident du chemin le plus approprié pour les acheminer.
Dans un réseau domestique, votre box Internet attribue généralement des adresses privées à vos appareils, souvent dans la plage 192.168.x.x. Ces adresses ne sont pas visibles depuis l'extérieur. Pour accéder à Internet, la box effectue une translation d'adresse (NAT) qui remplace l'adresse privée par l'adresse publique du foyer.
Les fournisseurs d'accès français recourent de plus en plus au CGNAT (Carrier Grade NAT) pour pallier la pénurie d'IPv4. Cette technique permet de faire partager une même adresse IPv4 publique entre plusieurs clients via une plage intermédiaire (100.64.0.0/10). Elle résout le manque d'adresses, mais elle peut compliquer l'identification des flux ou le fonctionnement de certains services.
Le CGNAT résout la pénurie d'adresses IPv4, mais il peut compliquer le fonctionnement des applications pair-à-pair, la géolocalisation fine ou l'identification des abonnés en cas d'abus.
La transition vers IPv6 se fait principalement en dual-stack. L'appareil dispose alors simultanément d'une adresse IPv4 et d'une adresse IPv6. Il peut ainsi communiquer dans les deux formats sans rupture. L'IPv6 permet aussi l'auto-configuration sans état (SLAAC), où un terminal génère lui-même son adresse sans solliciter un serveur DHCP.
Dans la pratique, lorsque vous branchez un smartphone sur le Wi-Fi d'une box Orange ou Free récente, celui-ci reçoit non seulement une adresse privée IPv4, mais aussi un préfixe IPv6 public. L'appareil construit alors son adresse complète en combinant ce préfixe avec un identifiant d'interface. Ce mécanisme évite la configuration manuelle.
IPv4 et IPv6 : quelles différences ?
La différence la plus visible réside dans la taille et l'écriture. Une adresse IPv4 se présente sous la forme de quatre nombres décimaux séparés par des points, par exemple 192.168.1.1. Une adresse IPv6 s'écrit avec huit groupes de quatre chiffres hexadécimaux séparés par deux-points, comme 2001:0db8:85a3::8a2e:0370:7334.
Cette extension de 32 à 128 bits change la donne. L'épuisement des adresses IPv4 est effectif depuis 2019 au sein du RIPE NCC, qui gère l'Europe et l'Asie de l'Ouest. L'IPv6 résout ce problème structurellement. Il supprime aussi le besoin obligatoire de NAT : chaque appareil peut recevoir une adresse publique unique.
Les en-têtes IPv6 sont plus simples. Ils abandonnent le checksum obligatoire à chaque saut et déplacent la fragmentation à la source uniquement. Le protocole intègre nativement IPsec, améliore la qualité de service (QoS) et supporte le routage anycast. Ces optimisations réduisent la charge sur les équipements réseau.
Il n'existe pas de rétrocompatibilité native entre IPv4 et IPv6. Un serveur uniquement IPv4 ne peut pas dialoguer directement avec un client uniquement IPv6. C'est pourquoi la coexistence passe par le dual-stack, le tunneling ou la translation NAT64. Certains pays envisagent une extinction progressive d'IPv4 autour de 2032.
Adresse privée et adresse publique
Une adresse publique est routable sur Internet. Elle est unique au niveau mondial (sauf cas de partage via NAT ou CGNAT) et identifie votre connexion sur le réseau global. Vous pouvez la vérifier depuis votre navigateur pour connaître l'adresse vue par les sites distants.
Une adresse privée, elle, est confinée au réseau local. Les plages réservées sont bien connues : 10.0.0.0/8, 172.16.0.0/12 et 192.168.0.0/16. Ces adresses sont réutilisables dans des millions de foyers sans risque de conflit, car elles ne sortent jamais telles quelles sur Internet.
Comment connaître son adresse IP ?
Selon votre système, plusieurs commandes permettent d'afficher les adresses IP actives sur votre machine.
Sous Linux ou macOS, l'outil moderne est ip :
$ ip addr show eth0
2: eth0: <BROADCAST,MULTICAST,UP,LOWER_UP> mtu 1500 qdisc fq_codel state UP
link/ether aa:bb:cc:dd:ee:ff brd ff:ff:ff:ff:ff:ff
inet 192.168.1.42/24 brd 192.168.1.255 scope global dynamic eth0
valid_lft 86394sec preferred_lft 86394sec
inet6 2a01:cb00::1/64 scope global dynamic
valid_lft 2591993sec preferred_lft 604793secSous Windows, la commande ipconfig reste la référence :
C:\> ipconfig
Configuration IP de Windows
Carte Ethernet Ethernet :
Adresse IPv4. . . . . . . . . . . . . .: 192.168.1.42
Masque de sous-réseau. . . . . . . . . : 255.255.255.0
Adresse IPv6. . . . . . . . . . . . . .: 2a01:cb00::1Pour tester votre connectivité IPv6 ou obtenir des détails sur votre IP publique, vous pouvez utiliser un outil de vérification d'IP en ligne.
L'adressage IP en France : transition et enjeux
La France avance significativement dans la transition IPv6. Selon le baromètre annuel de l'ARCEP, environ 94 % des clients fixes grand public et 83 % des abonnés mobiles disposaient de l'IPv6 activé en 2025. Les opérateurs Orange, Free et Bouygues Telecom ont largement déployé le dual-stack sur leurs réseaux fixes.
Cette bascule n'est pas qu'une question technique. Les hébergeurs et clouds facturent désormais les adresses IPv4 à prix d'or. OVH a ainsi instauré une facturation croissante des IPv4 pour inciter les clients à adopter IPv6. À terme, le coût du maintien en IPv4-only dépassera celui de la migration.
Les entreprises françaises hébergeant des applications critiques doivent vérifier que leurs services répondent correctement en IPv6. Un site web accessible uniquement en IPv4 risque de voir certains utilisateurs rencontrer des latences accrues si leur connexion privilégie IPv6 et doit passer par des mécanismes de translation. La mise en place du dual-stack sur les serveurs est aujourd'hui la bonne pratique recommandée par les autorités de régulation.
Parallèlement, l'extinction du cuivre (ADSL/VDSL) d'ici 2030 et de la 3G en 2029 accélère la disparition des réseaux ne supportant que l'IPv4. Les entreprises doivent donc anticiper ce mouvement pour garantir l'accessibilité de leurs services.
Pour les utilisateurs finaux, la transition se fait en arrière-plan. Votre box attribue déjà des adresses IPv6 à vos appareils récents. Seuls certains équipements très anciens ou des configurations réseau spécifiques peuvent poser problème. Demander une IP publique fixe, option payante chez certains FAI, reste utile pour héberger un serveur domestique ou configurer un accès distant sécurisé.
L'adresse IP dans l'architecture Internet
Comprendre l'adresse IP, c'est saisir la base de l'interconnexion des réseaux. La distinction entre IPv4 et IPv6, entre adresse privée et publique, et le rôle du NAT structurent l'Internet que nous utilisons quotidiennement. En France, la transition vers IPv6 est bien engagée et devrait être quasiment achevée d'ici 2028 pour le grand public. Les professionnels de l'informatique et les développeurs web ont tout intérêt à intégrer IPv6 dans leurs architectures dès aujourd'hui pour anticiper les évolutions réglementaires et techniques des années à venir. Pour aller plus loin, étudiez le système DNS, qui convertit les noms de domaine en adresses IP, ou expérimentez les outils de diagnostic réseau pour observer ces mécanismes en direct.