Qu’est-ce que traceroute et comment révèle-t-il le chemin des paquets ?
Comprenez traceroute, le rôle du TTL et des réponses ICMP, puis apprenez à lire les sauts, les délais et les astérisques sans fausse conclusion.
Équipe Dig Trace· Équipe d'Ingénierie Réseau5 min de lecture
Traceroute est un outil de diagnostic réseau qui découvre les routeurs intermédiaires entre une machine et une destination IP. Il affiche ces étapes, appelées « sauts », avec des temps de réponse pour aider à comprendre le parcours des paquets sur Internet ou un réseau privé.
Comment fonctionne traceroute ?
En IPv4, chaque paquet possède un champ TTL, pour Time To Live. Malgré son nom, celui-ci sert essentiellement de limite au nombre de sauts. Chaque routeur qui transfère le paquet diminue cette valeur. Lorsqu’elle atteint zéro, il abandonne le paquet et renvoie normalement un message ICMP « délai dépassé » à l’émetteur.
Traceroute exploite ce mécanisme : il envoie des sondes avec un TTL de 1, puis de 2, puis de 3. Les réponses révèlent successivement les routeurs rencontrés. En IPv6, le champ équivalent s’appelle Hop Limit. Le fonctionnement de traceroute repose donc sur des réponses de diagnostic, pas sur une liste complète fournie par le réseau.
La fin du parcours dépend du protocole employé. Avec les sondes UDP classiques, la destination répond généralement par un message ICMP « port inaccessible ». Avec ICMP Echo, elle renvoie une réponse Echo. L’outil s’arrête aussi s’il atteint sa limite de sauts.
Que signifient les sauts, les délais et les astérisques ?
Chaque ligne correspond à une valeur de TTL. Elle contient généralement une adresse IP ou un nom de routeur, puis trois durées pour trois sondes. Chaque durée est un temps aller-retour, ou RTT, entre la source et l’équipement qui répond. Ce n’est pas le temps de traversée du seul lien précédent.
Un astérisque * signifie qu’aucune réponse n’est arrivée avant l’expiration du délai d’attente. Le routeur peut filtrer ces messages, limiter leur fréquence ou simplement ne pas répondre. Si les sauts suivants répondent, des paquets ont bien continué leur parcours.
Un saut silencieux ou lent ne suffit pas à désigner un routeur défaillant. Il faut examiner les réponses suivantes et la connectivité jusqu’à la destination.
Traceroute, tracert, ping et MTR : quelles différences ?
Sous Linux et macOS, traceroute utilise souvent des sondes UDP vers des ports élevés, à partir de 33434. Sous Windows, tracert utilise ICMP Echo. Certaines implémentations proposent également TCP. Le protocole influence les réponses obtenues selon les règles de filtrage, sans garantir qu’une méthode fonctionne partout.
À l’inverse, ping, teste principalement la réponse d’une destination sans détailler les étapes. MTR répète les sondes et calcule des statistiques de délai et d’absence de réponse. Cette différence entre MTR et traceroute rend MTR utile pour observer un problème intermittent, mais ses pertes intermédiaires restent à interpréter avec prudence.
Comment lancer et lire un traceroute ?
Depuis un terminal, indiquez une destination de votre réseau. Les commandes suivantes utilisent 192.0.2.10, une adresse réservée à la documentation : remplacez-la par votre destination réelle. Sous Linux, l’installation du paquet traceroute peut être nécessaire.
# Linux ou macOS
traceroute -n 192.0.2.10# Windows
tracert -d 192.0.2.10Les options -n et -d désactivent la résolution des noms. Voici une sortie illustrative, non issue d’une mesure réelle, utilisant des adresses privées et de documentation :
traceroute to 192.0.2.10 (192.0.2.10), 30 hops max, 60 byte packets
1 192.168.1.1 1.102 ms 0.984 ms 1.031 ms
2 198.51.100.1 8.210 ms 8.442 ms 8.105 ms
3 * * *
4 192.0.2.10 18.320 ms 18.114 ms 18.507 msLe premier saut pourrait être une box Internet. Le troisième ne répond pas, mais la destination est atteinte au quatrième. Rien n’indique ici une coupure au troisième saut.
Quelles sont les limites de cette mesure ?
Traceroute échantillonne le chemin aller, tandis que les réponses peuvent emprunter un autre itinéraire. Ce routage asymétrique influence les RTT. Soustraire les délais de deux lignes ne mesure donc pas précisément la latence entre deux routeurs. Ceux-ci peuvent aussi traiter leurs réponses ICMP moins rapidement que le trafic qu’ils transfèrent.
L’équilibrage de charge peut envoyer des sondes sur plusieurs chemins. Des tunnels peuvent masquer des équipements, et l’adresse source d’une réponse n’identifie pas nécessairement l’interface d’arrivée. Un nom contenant « Paris » n’est pas non plus une preuve de localisation. Enfin, IPv4 et IPv6 peuvent suivre des parcours distincts.
Quelle place occupe traceroute dans un diagnostic réseau ?
Pour une entreprise reliant Lyon à un hébergement parisien, traceroute aide à distinguer le réseau local, le fournisseur d’accès et les réseaux traversés. Il fournit des indices utiles au support, sans révéler directement les décisions BGP ni mesurer le débit. Un changement de parcours n’est pas forcément une anomalie.
Le service traceroute de Dig Trace permet d’effectuer une observation en ligne. Il faut tenir compte du point de départ du test : une mesure distante ne représente pas nécessairement votre connexion. En complément, comprendre le DNS, expliqué ici, aide à séparer résolution de nom, accessibilité IP et fonctionnement de l’application.